L’indémodable Qui est-ce?

jeu du Qui-est-ce
(photo : Hasbro)

Le « Qui est-ce ? » est un jeu populaire suffisamment ancien pour que nombre de parents d’aujourd’hui y aient joué dans leur enfance.

Sa forme a beaucoup évolué au fil des années, pour s’adapter aux goûts du jeune public (d’ailleurs je vous réserve une surprise à la fin de l’article…).

Néanmoins, le principe reste le même. Ce jeu a de grandes qualités éducatives ! Nous allons voir lesquelles.

Le principe du jeu n’a pas changé. Il se joue à 2. Chaque joueur tire une carte sur laquelle il y a la photo d’un personnage. Celui-ci a des caractéristiques particulières bien nettes : couleur des yeux, chapeau ou pas, moustache, cheveux longs ou courts, … Chaque joueur doit alors devenir qui est le personnage que l’autre a tiré. Pour cela, il pose à l’autre des questions fermées, c’est-à-dire des questions dont la réponse sera « Oui » ou « Non ». Par exemple : est-ce que c’est un homme ?

C’est là que les choses se corsent !  Selon la réponse donnée à sa question, le joueur va abaisser une petite tuile jaune sur le plateau devant lui, ou plusieurs petites tuiles. Il abaisse les tuiles pour éliminer les personnages ne correspondent PAS à la caractéristique qu’il a devinée. Prenons un exemple : si j’ai demandé « Est-ce que c’est un homme ? » et que la réponse est « Oui », il faut abaisser les tuiles avec des femmes, de façon que les tuiles avec des hommes restent relevées. Si la réponses est « Non », cela veut dire que le personnage est une femme, et qu’il faut baisser les tuiles avec des hommes. Vous suivez ?

La gymnastique intellectuelle à effectuer est intense, et l’expérience montre que, à 8 ans comme à 35, il faut bien réfléchir pour savoir quelles tuiles baisser ! Si la réponse est « Non », le joueur peut se dire :  « Ce n’est PAS un homme, donc j’abaisse les tuiles avec des HOMMES ». Si la réponse est « Oui », le joueur peut se dire : « C’est un HOMME, dont je baisse les tuiles qui ne représentent PAS des HOMMES ».

Selon sa façon naturelle de réfléchir (et là on en revient à la gestion mentale), le joueur peut se parler, comme je le raconte dans l’exemple. D’autres feront différemment : ils vont se faire une image dans leur tête, avec le visage d’une homme ou d’une femme, et peut-être mentalement le barrer, ou le noircir. Peut-être vont-ils visualiser le mouvement des tuiles qui s’abaissent. Il n’y a pas de « meilleure façon » de procéder, l’important est de trouver ce qui fonctionne pour soi, et le jeu est un moyen d’y arriver ! Cela doit rester un jeu bien sûr, sans remontrance si l’enfant se trompe ou s’embrouille. Et cela enlève la pression que de voir que les parents aussi se trompent et s’embrouillent parfois ! D’ailleurs c’est ce qui rend le jeu amusant, avec des échanges du style : « Mais tu m’as dit qu’il avait une moustache, ça peut pas être une femme ?! « .

Dans tous les cas, ce jeu permet d’entraîner l’attention, car il faut se concentrer sur sa carte pour répondre aux questions posées par l’autre, sans perdre de vue sa propre recherche d’indices sur la carte détenue par l’autre. Il entraîne aussi le geste mental de réflexion, et permet de manipuler notamment les notions de différence et d’identité ou similitude. On les utilise continuellement dans les apprentissages scolaires. Voici un exemple : en géométrie, un triangle est dessinée sur la feuille, et il s’agit de l’identifier. L’élève va alors se poser différentes questions : est-ce que ce triangle a un angle droit ? Non, alors ce n’est pas un triangle rectangle. Est-ce qu’il a deux côté égaux ? Oui, alors ce peut être un triangle isocèle, ou équilatéral. Et ainsi de suite. Dans toutes les matières (et dans la vie !), cette capacité de réflexion est indispensable.

Allez : chose promise, chose due ! Juste pour le plaisir je vous donne cette photo « vintage » d’une ancienne version du « Qui est-ce ? » ! Disponible dans la plupart des vide-greniers, n’hésitez plus !

Qui est-ce version vintage

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