Le Taboo

taboo
(photo : MB)

Le taboo fait lui aussi partie des classiques ! son principe est simple : faire deviner un mot à son partenaire, sans prononcer les mots inscrits sur une carte. Par exemple : faire deviner le mot « odeur » sans dire parfum, sentir, nez, arôme, ni argent. Pas facile ! Il arrive qu’un mot interdit sorte tout seul, ou bien qu’on soit à cours d’idées. Mais quelles sont les compétences intellectuelles que le Tabou développe ?

Je précise que le taboo existe dans des versions plus ou moins difficiles. Par exemple, pour un petit, il s’agira de faire deviner « vache » sans dire lait, pré et ferme.

Le mécanisme d’inhibition

Premièrement, le Taboo entraîne à … tenir sa langue (!), dans un mécanisme d’inhibition. Les recherches en neurosciences ont montré que l’inhibition est un phénomène complexe, qui est mûr vers l’âge de 21 ans. C’est pour cela qu’un enfant a beaucoup plus de mal qu’un adulte à résister à l’envie d’aller jouer alors qu’on lui a demandé de faire quelque chose qu’il n’aime pas faire. N’étant pas neurologue, je me garderai bien de dire si le Taboo a une influence sur la glande du cerveau qui gère l’inhibition ! Néanmoins, je pense que le fait de ne pas prononcer les mots qu’on a instinctivement envie de dire est un excellent exercice. Il arrive en effet que des élèves se lancent dans des calculs, ou proposent une réponse, alors qu’ils n’ont pas bien lu l’énoncé. S’ils s’exclament « quand tu veux ouvrir une bouteille ! » alors qu’il fallait faire deviner « tire-bouchon » sans dire « bouteille », ils perdront un point. Quel rapport avec l’école ?

Faisons une comparaison avec cet énoncé de problème :  « Pierre a 5 billes. Il dit à Paul « J’en ai 2 de plus que toi ». Combien en a Paul ? ». De jeunes enfants auront tendance à se précipiter dans une addition, car ils ont entendu « plus » dans l’énoncé. Pourtant l’opération à faire est une soustraction : Paul a 3 billes (5 moins 3). L’enfant doit donc ici inhiber son envie de faire une addition et prendre le temps de lire l’énoncé pour le comprendre. C’est le genre de travail que je fais faire en rendez-vous. On pourra utilement jouer au Taboo à la maison pour prolonger l’entraînement !

L’exploration du champ sémantique

En général il y a 5 mots sur la carte pour en faire deviner un autre. Ces 5 mots correspondent à ceux qui viennent le plus spontanément à l’esprit quand on pense au mot à faire deviner. Il est alors nécessaire de trouver d’autres mots en rapport avec l’objet. Le risque est que ces mots n’évoquent rien, ou carrément autre chose, à son partenaire. Une autre stratégie consiste à faire une périphrase. Si on reprend le mot « odeur » de tout à l’heure, cela peut donner : « c’est ce qu’on remarque quand on débouche un flacon, ou qu’on approche son visage tout prêt de son verre de vin ». Je précise qu’au Taboo, il est interdit de mimer ou même de faire des gestes ! Ce peut être un signe, d’ailleurs, si votre enfant a spontanément envie de le faire pour faire deviner un mot. S’il se sent à l’aise avec cela, vous pouvez lui proposer de faire des gestes aussi quand il apprend ses leçons. Idem pour ceux qui aimeraient pouvoir dessiner, mais je ferai  un autre article sur le Pictionary…
Cette recherche de périphrase ou d’un autre mot entraîne le geste mental d’imagination : à partir de ce qu’on sait déjà, il faut chercher quelque chose de nouveau. C’est un excellent exercice, qui développe une compétence utile dans la réussite scolaire. Par exemple en français ou en anglais, quand il faut inventer une phrase avec un certain mot de vocabulaire. Ou quand il faut inventer une autre fin à une histoire.

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