Maxence ou : Par où commencer ?

orientation trop de choix
(photo : Ashley Batz - Unsplash)

Maxence est en Terminale. Nous sommes en janvier, et il n’a toujours pas d’idées sur les voeux qu’il va saisir dans APB (l’ancêtre de Parcoursup) pour l’an prochain. Ou plutôt, il a trop d’idées ! Sa réflexion part dans tous les sens. Il ne sait pas par où commencer ses recherches… si bien qu’il n’en fait pas.

Vous avez dit « hyperchoix » ?

Maxence est un bon élève… et c’est bien ça son problème ! Comme il est dans une filière générale, et qu’il est bon dans toutes les matières, il peut choisir à peu près n’importe quelle formation. Cet hyperchoix est plus embêtant qu’autre chose pour lui. Il ne peut même pas choisir par élimination, en se disant par exemple : « je ne suis pas bon en maths, donc je ne vais pas aller en prépa scientifique ». Il a éliminé quelques métiers dont il se dit qu’ils ne lui plairaient pas, mais ne sait pas plus vers quoi aller. Du coup il procrastine, et inconsciemment trouve toujours autre chose à faire que de s’occuper de son orientation.

Je vois bien au fil du rendez-vous que j’ai affaire à un jeune garçon sérieux, qui ne sait pas comment s’y prendre pour construire son projet. Nous commençons donc par explorer ses qualités, ses goûts, ce qu’il aime bien faire… C’est une étape indispensable, ne serait-ce que pour asseoir sa confiance en soi. Cela fait du bien de noter noir sur blanc ses réussites, les évènements pendant lesquels on a ressenti de la fierté, etc.

De la sérendipité…

Au détour d’un échange, Maxence me parle d’un métier dont il a entendu parler, qui lui avait semblé intéressant, mais dont il ne sait pas bien en quoi il consiste. Je lui donne alors comme exercice, d’ici le rendez-vous suivant, de faire une recherche sur ce métier. Quelles sont les actions réalisées, avec qui on travaille, où, comment on se forme, combien on gagne, … Et je lui explique la notion de sérendipité. Ce mot d’origine anglaise désigne le fait de chercher quelque chose, et trouver autre chose. L’exemple le plus connu est celui de Christophe Colomb : il cherchait une nouvelle route pour les Indes, et il a découvert un nouveau continent. Nous l’expérimentons tous au quotidien. Très prosaïquement, il m’arrive régulièrement de chercher une recette sur un site de cuisine, avec une idée assez précise de ce que je veux cuisiner…pour finalement préparer autre chose, car j’ai eu une idée en faisant défiler les photos de plats !

Je dis donc à Maxence que cette recherche sur ce métier n’est qu’un prétexte, une façon de commencer ses recherches « par un bout ». L’objectif est d’explorer (merci Internet) autour de ce métier, au fil des liens hypertextes sur lequel il passe, en étant curieux. Si le métier de départ ne l’intéresse pas, c’est peut-être le secteur professionnel qui va lui plaire. La formation a peut-être lieu dans une école qui en propose d’autres, qu’il jugera plus intéressantes. Le contexte de travail intervient aussi : en laboratoire, à l’extérieur, en atelier…

C’est parti !

Maxence a réalisé sérieusement l’exercice, ce qui l’a amené à se poser des questions… et à faire d’autres recherches. Organisé, il a pris des notes dans le cahier que je lui avais recommandé d’utiliser au début du coaching. Si la modernité et l’informatique ont plein d’avantages, je suis en effet une adepte de la méthode PGC (papier-gomme-crayon !) pour ce genre de réflexion. On peut facilement prendre quelques notes, revenir sur ce qu’on a écrit un peu plus tôt, annoter dans la marge,… Maxence identifie ce qui lui plait, le type de formations dans laquelle il se sentirait bien, l’environnement professionnel où il se verrait avec plaisir travailler toute la journée,…

Assez rapidement, le jeune  homme définit le métier vers lequel il va se diriger, et identifie plusieurs stratégies pour y arriver (cette technique du « plan A, plan B » fera l’objet d’un prochain article). Sa maman me dit qu’elle l’a vu changer en quelques semaines, et s’investir de plus en plus dans ses recherches. Finalement, Maxence a complété plusieurs voeux sur la plate-forme APB (Admission Post-Bac, remplacé par Parcoursup en 2017), et a été pris dans une des formations qu’il souhaitait. Le fait de commencer ses recherches avec un exercice concret lui a permis de se mettre en mouvement.

Et vous, comment votre enfant aborde-t-il son orientation ? A-t-il trop d’idées, ou pas assez ?

Nota : dans tous les cas concrets que je présente, le prénom de la personne a été changé afin de respecter l’anonymat.

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