non, le travail n’est pas une torture

Autant vous prévenir, je vais casser un mythe sur le mot « travail » ! On entend ou lit régulièrement qu’il viendrait du latin « tripalium » qui désignait un instrument de torture. Et cela fait longtemps que cela m’agace prodigieusement, car cette signification est non seulement très réductrice, mais aussi totalement décourageante. Vous imaginez que nos enfants grandissent avec l’idée que le travail, à l’origine, c’est une torture ? Et que consciemment ou pas, nous nous levons tous les matins pour subir une séance de torture? 

Comme je trouvais cela quand même assez étrange (les deux mots ne se ressemblent pas du tout, quand on regarde bien), j’ai fait quelques recherches. J’ai trouvé une autre étymologie sur le site des éditions Persée, dans cet article de Nicholson, un linguiste du début du XXème siècle (non, moi non plus je ne le connaissais pas). Chers lecteurs, vous serez heureux d’apprendre que le mot « travail » viendrait en fait de « trabaculum », qui désigne un assemblage de pièces de bois. Un échafaudage, par exemple, d’ailleurs il existe certaines poutres qui s’appellent toujours des « travers ».

Cela signifierait donc que, à partir du moment où l’on assemble quelque chose, on est en train de travailler. Le mot assembler peut être pris dans un sens très large : l’idée est qu’on rapproche divers objets pour fabriquer quelque chose d’autre, qui va avoir un certain usage, une certaine utilité. Cela nous renvoie, comme par hasard, à la définition du travail, mais cette fois sous un angle ô combien plus positif et motivant ! Loin d’être une torture, travailler consiste à réaliser certaines actions pour produire une œuvre utile.

Ces actions peuvent être matérielles ou intellectuelles, car on peut assembler des objets ou des idées. Ainsi, on travaille dès qu’on : cuisine une ratatatouille, repeint un volet, bricole une petite échelle en bois pour la cage du hamster,… mais aussi dès qu’on : demande son chemin dans une langue étrangère, cherche des ressemblances et des différences entre deux tableaux dans un musée, récapitule la liste des animaux herbivores en visitant un zoo, …

Travailler consiste donc bien à produire quelque chose de ses 10 doigts ou avec ses petites cellules grises. Ca fait déjà nettement plus envie, non ? Travailler peut donc tout à fait être un plaisir !

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