etre aligne
Aligner pensées paroles et actes comme autant de pierres...

Aligner ce qu’on pense, ce qu’on dit et ce qu’on fait

Ça devait arriver. Depuis le temps…

Depuis 5 ans j’accompagne des jeunes dans leur orientation, je les aide à réfléchir à ce qu’ils aiment, à ce qu’ils font bien, à la place qu’ils veulent avoir dans la société, …. à se demander qui ils sont, en somme. Vous ne le saviez peut-être pas, mais en parallèle je continuais d’exercer mon métier d’ingénieure dans le domaine de l’eau. Au fil du temps, ma situation devenait difficilement tenable : avec le bouche à oreilles et les recommandations, j’avais de plus en plus d’élèves, mon employeur comptait toujours sur moi, et mes journées faisaient obstinément 24 heures ! Et je m’interrogeais sur le sens de chacun de mes deux métiers….

Je me posais les mêmes questions que celles que je pose à mes élèves, en somme !

Nos centres d’intérêt évoluent

Et je me rendais compte que je préférais infiniment coacher des jeunes, pour leur orientation comme pour les aider à mettre au point la méthode de travail qui leur convient, plutôt que faire mon métier d’ingénieure.  Il y a des points communs, comme le travail d’investigation : poser des questions, écouter, comprendre, proposer des pistes de solution, faire des recherches pour nourrir la réflexion, assurer une veille pour être courant de l’évolution des outils et des règles, … Mais le contexte n’a rien à voir, et il se trouve que cela m’intéresse bien plus de comprendre les subtilités du nouveau Bac et de Parcoursup, que de me plonger dans les méandres d’un nouveau texte réglementaire à propos de la recherche des microplastiques dans l’eau. C’est intéressant, et potentiellement passionnant, mais ce n’est pas (ou en tout cas ce n’est plus) ce qui m’intéresse, moi ! J’en fais l’expérience régulièrement en rendez-vous avec les jeunes : ce qui va être super important ou intéressant pour l’un ne le sera pas forcément pour l’autre.

J’en étais donc arrivée à une situation de blocage, mes semaines commençant le lundi matin et finissant le dimanche après-midi, avec la rédaction des synthèses et la recherche d’exercices d’orthopédagogie pertinents pour mes élèves de la semaine suivante.

C’est alors qu’est arrivé… (roulement de tambour…) l’épidémie de Covid !

De l’art de tirer une opportunité du confinement…

Dans un premier temps, en mars 2020, mon activité de coaching s’est arrêtée. J’ai respecté les contraintes du confinement et annulé mes rendez-vous, pour me consacrer uniquement à mon autre métier, en télétravail. Les rendez-vous ont repris à la rentrée puis patatras ! En octobre, il a fallu se confiner à nouveau. Mais entretemps, quelque chose avait changé : nous étions tous devenus des pros du distanciel ! Des experts de la visioconférence ! Que dis-je : des virtuoses de la webcam, du micro et du partage d’écran ! Plus sérieusement : mes élèves et moi avions appris à nous servir quotidiennement d’outils tels Zoom ou Teams, qui font désormais partie du paysage. Du coup j’ai proposé de faire nos rendez-vous à distance. Et ça a fonctionné ! Le coaching d’orientation, comme l’orthopédagogie, se prêtent bien à des rendez-vous en distancié, par caméra interposée. Évidemment c’est différent, mais j’y ai vu pas mal d’avantages : pas de masque (du coup on voit les sourires !), une gestion optimisée du temps (bienvenue pour les élèves de prépa à l’emploi du temps chargé, ou pour les parents qui courent en fin de journée), l’utilisation d’Internet pour faire une recherche en direct,…

Ce changement m’a fait me remettre en question, puis prendre une décision. Puisque les rendez-vous fonctionnent bien à distance, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups en développant mon activité avec des élèves partout en France (je ne suis plus limitée géographiquement), et en déménageant pour la Bretagne, ma région natale dans laquelle je rêvais de retourner avec mon mari ?

Quelques mois de réflexion et une rupture conventionnelle plus tard, me voici aujourd’hui en Bretagne, à Plancoët (non loin de Dinan), dans les Côtes d’Armor, la ville dans laquelle je suis née et depuis laquelle je vais désormais travailler !

Aligner nos pensées, nos paroles et nos actes

Ce changement d’activité associé à un déménagement renvoie à la notion d’alignement, qu’il m’arrive d’aborder pendant mes coachings, selon la maturité de la personne en face de moi. On est aligné lorsque ce qu’on fait est cohérent avec ce qu’on dit et avec ce qu’on pense. Plus facile à dire qu’à faire, n’est-ce pas ? C’est le travail d’une vie, aussi il s’agit surtout d’avoir conscience de ce que cela signifie, car c’est le chemin qui est passionnant. En effet, nous sommes tous amenés à changer au cours de nos vies, et ce qui était très important pour nous à une époque ne l’est peut-être plus autant aujourd’hui… et vice-versa. J’ai choisi d’illustrer cet article avec une photo des alignements de Carnac, car j’aime la symbolique des pierres. Ce n’est pas forcément simple de les déplacer pour les aligner.

Cela devait donc arriver : à force de faire du coaching d’orientation, j’ai revu la mienne !

En fait, nous ne sommes pas forcément destinés à faire le même métier toute notre vie. Comme je l’ai écrit ailleurs ce site, on s’oriente toute sa vie! J’ai bien aimé être ingénieure et gérer l’eau, mais maintenant je préfère travailler auprès des jeunes. J’en vois souvent qui ont « peur de se tromper » : et si la voie d’orientation qu’ils choisissent n’était pas la bonne ? Et si un jour leur métier ne leur plaisait plus ? Ils et elles n’ont pas toujours conscience qu’ils pourront en changer. Hormis pour quelques métiers bien particuliers, il est possible de se reconvertir à tout âge. Et s’il semble peu réaliste de devenir médecin passé la quarantaine (le cursus d’études est tellement difficile et sélectif qu’il semble difficile – je n’ai pas dit impossible- de l’envisager quand on a passé la quarantaine), il existe bien des métiers qui permettent de trouver ce qu’on cherche en voulant devenir médecin. Est-ce la compréhension et le soin du corps humain ? L’environnement de travail d’un hôpital ou d’un cabinet médical ? Le fait de soigner ses semblables ? Autant de questions passionnantes à se poser !

 

Me voilà donc aujourd’hui installée Bretagne, avec des rendez-vous qui se passent depuis mon nouveau bureau, face à mon jardin. C’est une telle joie de me consacrer à temps plein à mon nouveau métier !
Et vous, vous êtes-vous déjà réfléchi à votre alignement ?

 

Anne-Paule Duboulet

Anne-Paule Duboulet

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